Leguideinfo.net : Conakry, c’est un discours à double casquette qu’a livré Souleymane Bah, Secrétaire général du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, lors de la cérémonie d’installation du nouveau Bureau exécutif du Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée (SPPG). Venu représenter le ministre, il a tenu, avant tout, à parler en confrère.

« On n’est jamais un ancien journaliste »
D’entrée, Souleymane Bah a tenu à situer sa présence à la tribune au-delà du protocole. « Je suis ici à double titre : d’abord parce que je représente monsieur le ministre, mais aussi parce que je suis, d’une certaine manière, un ancien journaliste — même si on n’est jamais un ancien journaliste », a-t-il lancé, se réclamant de son passage au sein de la rédaction du Lynx. Une entrée en matière qui a placé son intervention sous le signe de la proximité avec la corporation, plutôt que sous celui du seul discours officiel.
Une « liberté encadrée » face aux dérives des réseaux sociaux
Le cœur de son propos a porté sur une notion qu’il a martelée à plusieurs reprises : celle d’une liberté d’expression « encadrée ». Pour le Secrétaire général du ministère, cette liberté est aujourd’hui reconnue à tous, mais elle doit aussi permettre de faire contrepoids à ce qu’il a qualifié de « délires » de certains blogueurs et à la profusion de contenus diffusés sur les réseaux sociaux sans être « ni vérifiés, ni recoupés, ni équilibrés ».

C’est précisément là, selon lui, que se situe la responsabilité des journalistes professionnels : « Nous devons être le contrepoids de cette liberté-là », a-t-il insisté, appelant la profession à exercer son métier « dans le cadre », en anticipant les risques auxquels sont exposées les rédactions, plutôt qu’en les subissant.
Deux structures publiques déjà mobilisées
Loin de se limiter à un discours de principe, le représentant du ministère a rappelé l’existence de deux outils déjà à la disposition du secteur : le Centre de formation et de perfectionnement aux techniques de l’information et de la communication, ainsi que le Fonds d’appui au développement des médias — deux structures placées sous la tutelle du ministère et censées accompagner concrètement la profession.

Une promesse pour « très bientôt »
C’est sur une note d’engagement que Souleymane Bah a conclu son intervention. Après avoir remercié le SPPG « pour tout ce qui est fait » et loué le travail mené « ensemble », il a affirmé que le gouvernement entend agir « très bientôt » pour que « les médias et les journalistes puissent être au service du peuple de Guinée, au service de la démocratie, au service de l’impartialité, au service de la dignité de l’être humain ».
Un engagement resté volontairement flou sur ses contours précis et son calendrier, mais qui, prononcé au nom du ministre de la Communication, prend valeur de signal : celui d’un exécutif qui dit vouloir accompagner, dans les prochains mois, les chantiers portés par le nouveau bureau du SPPG — au premier rang desquels la réouverture des médias fermés et l’adoption de la Convention collective de la presse, déjà réclamées avec insistance par le syndicat.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
Contact : +224 620 48 07 07















