Leguideinfo.net : Au cœur de la 18ème édition des « 72 heures du livre », le stand de l’alphabet ADLAM ne désemplit pas. Pourtant, derrière l’intérêt de curiosité des visiteurs, se cache une réalité plus complexe : la difficulté de franchir le pas de l’achat et de la lecture en langue maternelle. Aïcha Sow, responsable de la jeunesse d’ADLAM, lance un appel à la volonté citoyenne.

Entre curiosité et hésitation : le paradoxe du stand ADLAM
C’est un ballet incessant de visiteurs qui animent le stand dédié à l’alphabet ADLAM. Si l’intérêt pour cette écriture révolutionnaire, née en Guinée pour transcrire le Pular et d’autres langues, est manifeste, le passage à l’acte d’achat reste timide.
« Le marché est lent », concède Aïcha Sow. Les visiteurs feuillettent, admirent la calligraphie, mais repartent souvent les mains vides. Le frein principal ? Une barrière psychologique persistante. Beaucoup de nos compatriotes déclarent encore que le Pular, lorsqu’il est écrit, est « difficile à lire ».
« Plus d’excuses » : Un appel au courage intellectuel
Face à ce constat, la responsable de la jeunesse d’ADLAM ne baisse pas les bras. Pour elle, la difficulté n’est qu’un manque d’habitude. « Si nous avons réussi à le maîtriser, c’est que tout le monde le peut. C’est une question de volonté et de courage », martèle-t-elle avec conviction.
L’argument de la modernité est également mis en avant. À l’heure du numérique, l’ADLAM n’est plus confiné au papier. « Il y a même des applications dédiées à nos langues. Aujourd’hui, il n’y a plus d’excuses », rappelle Aïcha Sow. Le numérique devient ainsi le meilleur allié de la tradition pour briser les complexes coloniaux liés aux langues.
Une lueur d’espoir : l’intérêt des non-locuteurs
Fait marquant de cette édition : l’engouement ne vient pas seulement des locuteurs natifs. Le stand ADLAM attire des visiteurs ne parlant pas le Pular, mais manifestant un besoin profond de comprendre cette langue et son écriture. Cette dynamique prouve que l’alphabet ADLAM est perçu comme un véritable patrimoine national guinéen, capable de renforcer l’unité à travers la découverte de l’autre.
Un carrefour culturel à saluer
Malgré la lenteur des ventes, Aïcha Sow salue l’organisation des 72 heures du livre, qu’elle considère comme une vitrine essentielle. Entre ouvrages produits localement, livres importés et textes traduits, l’offre est complète. Mais l’enjeu dépasse le simple commerce : il s’agit de réappropriation culturelle.
Étudier sa propre langue n’est plus une option, c’est une nécessité pour la sauvegarde de notre identité. L’appel d’Aïcha Sow résonne comme un défi lancé à chaque Guinéen : celui de devenir lecteur de sa propre culture.
@leguideinfo ADLAM AUX 72H DU LIVRE LE VIBRANT PLAIDPYER D’AÏCHA SOW POUR LES LANGUES NATIONALES Est-ce que tu sais lire l’ADLAM ? ✍️ Au salon du livre, Aïcha Sow lance un défi à tous les Guinéens : réapproprions-nous nos langues ! 🇬🇳 Plus besoin de chercher loin, même ton téléphone peut t’aider à apprendre. La culture, c’est nous ! 🔥 #ADLAM #Pular #LanguesNationales #72hDuLivre #FiertéGuinéenne
Mamoudou Boulléré Diallo Pour leguideinfo.net
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