Leguideinfo.net : L’ONG La Tabala a organisé, ce samedi, au Palais du Peuple à Conakry, la deuxième édition de sa cérémonie de reconnaissance des pionniers et icônes de la santé en Guinée. Un moment fort d’hommage, de mémoire et de transmission pour tout un secteur.

Un hommage à toute une profession
Médecins, infirmières, sages-femmes, pharmaciens, biologistes, chercheurs et bien d’autres professionnels de la santé ont été mis à l’honneur au Palais du Peuple, en reconnaissance de leur engagement et de leur contribution au système sanitaire guinéen.
Dans son allocution, le président de l’ONG La Tabala, Dr Abdoulaye Kaba, a rappelé les défis qui persistent encore dans le secteur, notamment l’accès équitable aux soins, la gouvernance hospitalière et la qualité des services. « Les organisations de la société civile interviennent pour compléter l’action publique, porter la voix de la population et contribuer à la transparence et à l’efficacité des politiques de santé », a-t-il confié.
« On n’est pas prophète chez soi »
Visiblement touchés, les récipiendaires ont exprimé une vive reconnaissance envers les organisateurs, estimant que la valorisation du mérite encourage l’émulation et procure un sentiment de devoir accompli.
« En 2024, j’avais été élu meilleur médecin de l’année par La Tabala. Je viens de recevoir une distinction encore plus grande : celle d’icône parmi les pionniers de la médecine dans notre pays. On n’est pas prophète chez soi. Nous avons obtenu des reconnaissances au-delà de nos frontières, en France par exemple, mais aucune ne vaut celles que je reçois dans mon propre pays. La reconnaissance de mes pairs, de mes frères, de mes concitoyens — parce que je suis né ici et je mourrai ici. Être reconnu partout ailleurs ne sert à rien si l’on n’est pas reconnu dans sa propre famille. Au nom de tous les récipiendaires, nous sommes très heureux et très satisfaits », a déclaré le Dr Ben Youssouf Keïta, ancien président de la Commission Santé à l’Assemblée nationale
De son côté, l’Inspecteur Régional de la Santé de Kindia, Dr Houdy Bah, viscéralement attaché à son métier, a renouvelé son serment d’Hippocrate. Après un parcours qui l’a mené à travers plusieurs régions du pays, il s’est engagé à continuer de mériter la confiance placée en lui et à sauver des vies.

« Je suis d’abord content de cette reconnaissance, car cela fait toujours plaisir d’être reconnu. Je pense à mes collaborateurs et à mes condisciples, depuis l’école primaire de Wossou, à Sangarédi, jusqu’à l’Université libre de Belgique. J’ai été inspecteur régional de la santé à Labé, puis à Kindia, avant d’être responsable de la santé dans la région de Boké. Rien ne se fait jamais seul. Aujourd’hui encore, en tant qu’inspecteur régional de la santé de Mamou, je reste reconnaissant envers tous ceux qui me font confiance. Je remercie chaleureusement madame la ministre pour cette opportunité de servir ma nation à travers elle, et monsieur le président de la République. Cette distinction m’encourage à continuer d’œuvrer pour le bien-être de nos concitoyens. Pour le reste de mon temps sur cette terre, je m’investirai à aider les plus nécessiteux et à sauver des vies », s’est engagé le Dr Houdy Bah.

« L’héritage a un visage : le vôtre »
Parrain de cette deuxième édition, Dr Moustapha Béavogui a salué les progrès réalisés au fil des années, qu’il considère comme une véritable forme de résistance et de résilience du système sanitaire guinéen. S’adressant directement aux pionniers présents dans la salle, il a livré une déclaration empreinte d’émotion : « Voilà le socle, l’héritage — et cet héritage a un visage : le vôtre. »

La crise Ébola a également été évoquée au cours de la cérémonie. Une épreuve qui a profondément transformé le système sanitaire guinéen, notamment à travers le renforcement de la surveillance épidémiologique et la montée en puissance de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS).
« Dans un hôpital, personne n’est petit »
Marraine de l’évènement, Dr Binta Diallo a, pour sa part, placé la considération et la transmission au cœur de son intervention, insistant sur le caractère profondément collectif du travail dans le domaine de la santé. Médecins, sages-femmes, pharmaciens, biologistes, aides-soignants, brancardiers, ambulanciers, agents d’entretien et vigiles : tous jouent, selon elle, un rôle essentiel dans le bon fonctionnement d’un établissement sanitaire.
« Dans un hôpital, personne n’est petit quand il s’agit de sauver une vie », a-t-elle déclaré, saluant l’ensemble des maillons — visibles et invisibles — de la chaîne de soins.
Un hommage aux figures disparues
La cérémonie a également été marquée par un hommage solennel à plusieurs figures disparues de la santé guinéenne : Dr Elhadj Mamady Kourouma, Dr Sékou Keïta, Pr Nimatoulaye Kourouma, Dr Elhadj Hamidou Diakité, Dr Djénaba Kassé et Dr Hamilton Sylla.
Entre reconnaissance, émotion et transmission, cette deuxième édition de La Tabala a ainsi tenu à mettre en lumière celles et ceux qui ont contribué à bâtir le système de santé guinéen, tout en ouvrant une réflexion sur son avenir.
Aïssatou Kanté, pour leguideinfo.net















